Depuis 10 ans déjà, Maxime
Morin opère sur la scène electro montréalaise en tant que dj et même producteur
usant de pseudos tels que Madmax ou Le Max. Cette fois-ci, il débarque un peu
partout en Europe, (après avoir enflammé le Canada) avec un nouveau projet et
un nouveau pseudo. Le voici donc promu "Champion" du dance-floor
version rock'n roll attitude. Multi instrumentiste accompli, prestigieux
guitariste, Champion a tout réalisé seul sur ce disque excepté le chant
qu'il a confié à Betty Bonifassi sur le très efficace "No Heaven" ou
encore "The Plow"; chanteuse confirmée qui a participé à la BO des
Triplettes de Belleville.
Les samples technos joués en boucle semblent n'être qu'un prétexte à des
expérimentations guitaristiques sulfureuses ouvrant le disque sur une véritable
récréation musicale. Car Champion semble s'amuser avec sa guitare tout en
restant créatif et lucide, jonglant sans difficultés entre des riffs lourds
("No heaven") et des harmoniques plus légères ("Sergio's
Trio"). Le succès assuré de cet album réside donc dans ce parfait équilibre:
la fusion d'une âme rock (ndlr: Maxime Morain a fondé plusieurs groupes de rock
et de punk) et de la passion pour le bidouillage electro emprunt d'un groove
certain.
L'alchimie est idyllique et chacun saura y trouver son compte. Les
puristes des deux camps, cette fois-ci, ne hurleront point à la démagogie ou à
la trahison.
Non, car Champion a su en plus conserver sa conscience de guerrier indépendant
tout en se laissant glisser doucement vers un monde plus accessible.
Tantôt electro-sombre ("gore-gore", "die in peace")
ou alors sautillant avec des rythmiques entêtantes ("Keep on",
"Tawoumga"), Champion déstabilise et surtout prouve à tout le monde
qu'il sait être présent sur tous les fronts. D'ailleurs seul en studio, ce chef
d'orchestre avéré fait don d'ubiquité une fois sur scène en dirigeant pas moins
de quatre guitaristes, une bassiste et une chanteuse: les G-strings; ne
négligeant pas au passage ses platines.
Les nostalgiques du mythique Franck Zappa se régaleront de retrouver en
cet artiste québécois une folie maîtrisée et un syndrome du riff parfait sans équivoque.
Le verdict est donc sans appel, "Chill' em all" est une véritable
claque, une ode magistrale pour soirées épicuriennes, qu'il va falloir se
procurer très vite. Car ce magicien de la prose house risque de s'imposer très
rapidement "roi de la nuit" en faisant danser les parterres
endiablés. Ca tombe bien puisque ce petit génie est en tournée dans toute la
France en ce mois d’octobre. A vos agendas!
par Cartman