
Entrez sans frapper! La maîtresse des lieux a perdu la clé. Poètes des
nuits, esthètes du fantastique, somnambules avertis vous êtes invités à
entrer dans le royaume merveilleux d'Amélie. Univers de fantasmagorie
balançant entre l'étrange façon Björk ou encore le lyrisme de Johanna
Newsom ("almost one minute with a toypiano"); dès le départ on se
trouve enjôlé par le timbre grave de la jeune femme et de son arpège
tanquille. Ici tout semble construit autour de la mélodie déroutante,
de l'arrangement parfait. Réalisé avec une main de maître par Thomas Mery, cet étrange conte de noël renvoie à la sublime histoire de Mr
Jack le héros carton-pâte de Tim Burton. Mais c'est du côté du folk
qu'Amélie se sent à l'aise oui le folk riche en surprises et hautement
garanti en talent. Au fil des compositions qui s'égrènent doucement
vers une magie subtile, c'est avec l'incroyable "forgotten christmas
gift" qu'on se sentira troublé voire totalement scotché avec le sublime
"in a bag under the sea". Avec délicatesse cette jeune artiste a su au
fil des rencontres qui enrichissent l'album, trouver l'équilibre idéal
entre la narration musicale et la subjugation qui renvoie aux
métaphores les plus douces. Baignés comme dans un bain de jouvence,
difficile d'échapper à la sentence délirante des elphes et autres
licornes qui se balladent sans être farouches au travers des treize
titres qui bercent l'auditeur. Est-il encore necessaire de souligner
l'importance de la production de luxe dont ce premier album a
bénéficié? Non tout comme il n'est nul besoin de dire très clairement
que ce disque est une merveille, un bout de comète égaré dans un désert
subliminal. Noirs desseins de l'amer, la lumière semble se raviver au
bout du tunnel avec le très prenant "monsters". Le voyage est
intemporel et le talent n'a pas de nom mais si on se prenait un tant
soit peu à lui en emprunter un ce serait: Amélie.
par Cartman