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"Parcours" exposition de Gérard Robinvil

jeudi 17 septembre 2009, par Domino Panda

Gérard Robinvil : parcours

Les travaux récents de l’artiste Gérard Robinvil s’essaient à bousculer le temps. Au début des années quatre-vingts, il vient à l’art par la peinture puis se tourne vers les nouvelles technologies. Les œuvres présentées au musée, (réalisées entre 2004 et 2009) trouvent leurs origines dans la vidéo. Elles s’élaborent au contact du monde, qui fournit un motif saisi dans l’instant : l’éclat d’une fleur, le lambris d’un mur, le mouvement de l’eau. La main, omniprésente, agit comme un double révélateur, qui signale la présence du sujet, celui qui touche et qui montre, et indique l’objet qui est désigné. Elle est parfois dissimulée sous un gant protecteur et mystérieux, qui vaut aussi comme élément plastique structurant la composition.

Dans ses photographies, l’image réelle, telle qu’elle est capturée par l’objectif, est ensuite manipulée et se métamorphose en une re-présentation artificielle qui flirte avec les codes de la peinture. Un détail familier, transformé par la retouche numérique, qui modifie les textures et les couleurs, nous entraîne vers l’inconnu. Il gagne en mystère et en beauté trouble ce qu’il perd en vérité. Il invite surement notre regard et notre pensée à s’évader, pour reconsidérer le monde. Les images de Gérard Robinvil, qu’elles soient animées ou immobiles, restent fragiles. Elles donnent à voir des moments éphémères, qui déjà ne sont plus et du même coup, inquiètent. Elles ont quelque chose de la nature morte, en cela qu’elles posent, à la manière d’une vanité hollandaise, la brièveté de l’existence et la fugacité du bonheur.

Dans sa dernière vidéo, intitulée « Le temps a t’il un présent ? », l’artiste met en scène le drame de sa propre vie, qui a basculé en 2006 avec la disparition soudaine de l’être aimé. S’il reprend à son compte le format et les circuits des émissions de télé-réalité - l’œuvre présentée dans l’exposition sera parallèlement diffusée sur une chaîne de télévision (Canal 15)- ce n’est que pour mieux s’en démarquer. Pas d’exhibition brutale et malsaine des circonstances de la tragédie, pas de pleurs ni de lamentations dans son témoignage. Mais un récit pudique, qui mêle l’art et la vie et croise souvenirs, réflexions et moments recueillis d’une même journée, à contre-pied du pathos et du fait divers.

L’artiste se livre à une considération sur le cours capricieux du temps, qui loin de s’écouler tranquillement, oscille entre dilatations et précipitations, fonctionne par ralentis, arrêts, secousses et accélérations. Il nous interroge également sur notre perception de l’instant, fuyant, parcellaire et partiel. Sur sa mort annoncée par sa présence même, sur sa beauté fugitive aussi. Et il nous amène à penser que la partition ternaire du temps, sa conjugaison au passé, au présent et au futur, ne relève finalement pas tout à fait de l’évidence.

Gaëlle Rageot (conservatrice du musée)

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KIMO (musicien de Domino Panda) a collaboré avec l’artiste sur deux oeuvres vidéos.

Celles-ci seront présentées lors de l’exposition "Parcours" au Musée des Sables D’Olonne du 07 novembre 2009 au 14 février 2010

En parallèle la vidéo "Le temps à t’il un présent ?" sera diffusée le temps de l’exposition sur la TV canal 15.

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