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Le rock dans tous ses états 2009

L’hippodrome d’Evreux recevait sur ses terres la 26 ème édition du Rock dans tous ses états. Entre grosses pointures et découvertes, le festival a offert une fois de plus un week-end de qualité sous le soleil Normand.

Vendredi 26 Juin

À la grande satisfaction générale, le chapiteau nommé la Papamobile, retrouvait une place et un écrin beaucoup plus séduisant que l’an passé. Un lieu où l’on a pu découvrir de jeunes révélations locales avec notamment deux très bonnes surprises : Cristal Palace et Kinky Yukky Yuppy. Le premier, composé de 2 filles et 3 garçons balance un son rock funky à la croisée de The Jam ou de formation moderne tel que les Stuck in the sound. Des rythmes saccadés et une dynamique punk vivifiante et tonique. Le second au nom étrange : Kinky Yukky Yuppy lorgnerait quand à eux plus vers des groupes rock Americains comme les Foo Fighters ou Biffy Clyro. Ces Ebroïciens ont donné un concert très appréciable où les mélodies entêtantes et les riffs accrocheurs des guitares se mariaient parfaitement à la rythmique de l’ensemble.

18h40 : Naive new breaters, les nouveaux chouchous du dancefloor ont prouvé que leur succès grandissant était mérité. Avec un set un peu fou et aux couleurs bariolés ils ont provoqué une vague de danses endiablées auprès de festivaliers gonflés à bloc et bien décidé à s’éclater ! Il est 20 heures un peu de retour au calme, direction la scène B. Avec sa voix chaude et profonde Alela Diane qui nous berce par ses chansons blues folk empreintes de douceur et de mélancolie. Une atmosphère sensuelle à l’image de son dernier opus To be still. Accompagnée de son père Tom Menig à la mandoline d’Otto Hauser du groupe Vetiver à la batterie, Tom Bevitoni à la basse et la ravissante Alina Hadler aux coeurs. Alelea Diane enchantent les festivaliers et offre une parenthèse poétique avec des titres comme « White as diamonds » Sur la grande scène, le groupe expérimental Deerhoof fait une entrée pétillante à l’image de la chanteuse Satomi Matsuzaki. Ces quatre musiciens originaires de San Francisco, à la bonne humeur communicative, nous plongent dans une musique pop-noise à l’univers décalé et inventif. Les morceaux où l’improvisation du chant rempli d’onomatopées s’enchaînent et font mouche dès les premières notes. Un jeu rythmique torturé, qui montre une réelle complicité au sein du groupe de Greg Saunier et une grande connexion avec le public en font un concert explosif, autant agréable aux yeux qu’aux oreilles ! L’une des agréables découvertes de cette édition du RDTSE arrive avec le groupe The Thermals, issu de la prolifique ville musicale de Portland (Menomena, 31 Knots). Ce quatuor emmené par le dandy Hutch Harris, à la guitare et au chant, donne un concert tonique aux gimmicks imparables. Une musique rock et funky aux rythmes saccadés. Simple et efficace la prestation du groupe séduit l’ensemble du public. À suivre Olivia Ruiz et sa tenue à fleurs, malgré une déco scénique agréable (des fleurs, des fleurs et encore des fleurs !), me lasse rapidement. Les morceaux se suivent et se ressemblent, avec ce timbre de voix qui sur la longueur fini par m’agacer sérieusement ! Déception également avec Fishbone, en perte de vitesse, l’ensemble manque de cette énergie funky groovy des débuts, et c’est vraiment dommage, même les voix sonnent lourdement ! Je préfère de loin le set du groupe Nomo qui sévit sur la scène de la papamobile. Les parties de cuivres sont blûffantes, et l’on se laisse facilement emporter par ce délicieux mélange de Jazz et d’Afro beat, l’interprétation de ces six multi-instrumentistes électrifie et déshinibe les festivaliers qui ne résistent pas longtemps à l’appel de la danse ! Déja présent à Evreux en 2005, les belges de Ghinzu savent déchainer les foules à l’aide de morceaux tubesques. Le set magré quelques légers couacs musicaux et techniques mélange agréablement les 3 albums du groupe (Do you read me, high voltage queen, cold love,...). John Stargasm s’en donne à coeur joie et se lâche encore plus sur la reprise Beat it en hommage au King of Pop. Réinterprétation bizarre mais assez originale pour être plaisante. La soirée s’achève sous des folies éléctroniques de Nil Hartman beaucoup plus puissant et intérressant que Missill !

Samedi 27 Juin

Le soleil toujours au rendez-vous sur l’hippodrome d’Evreux avec aujourd’hui sur scène de bonnes surprises (Fucked Up, Inspector cluzo) et une très très bonne révélation (A place to bury stranger). 17 heures la journée commence de belle façon avec le groupe flower-power from Reims The Bewitched hands on the top of our heads. Un peu de fraîcheur sur fond d’harmonies vocales. Quelque part entre les envolées hippies d’un Polyphonic spree et l’univers folk d’un Herman Düne. Ces sept musiciens -chanteurs déversent des mélodies popesques aux embruns psychédéliques relativement agréable en ce début de soirée. Fucked Up ! Avec un nom pareil on pouvait s’attendre au pire surtout que leur album « The chemestry of common life » laisse assez perplexe sur le son de ce groupe punk de Toronto. Et pourtant ce grand bordel est bien foutu, malgré un côté musical parfois trop propre pour être vraiment assimilé à du punk-hardcore, le leader Damian Abraham enflamme l’hippodrome avec sa prestation hard et direct. Il passe la plupart du temps dans le public où il se dévêtit de plus en plus et confère à l’ensemble une énergie qui manque aux musiciens sur scène. Quelques grammes de folie douce pour un P….. de show hot ! Deuxième prestation du week end pour les Kinky Yukky Yuppy encore un peu plus pêchu et apréciable qu’hier ! Petite déceoption pour Zone libre vs Cassey et Hamé qui quelques semaine plus tard à Angoulême me laisseront lirttéralement sur le c.. Ce soir le flow rap m’embrouille et me gêne par rapport au jeu intense du trio guitares batterie !! Quelques rétisences infondées me faisait penser qu’ Inspector Cluzo me laisserait de marbre. Et bien pas du tout, bien au contraire ! La maitrise musicale et l’interpretation vocale du guitariste chanteur est impéccable là où j’attendais un groupe sans fond, je découvre deux compères autant frappés que frappeurs. Les rythmes claquent et l’ambiance s’enflamme sur fond de rock ’n roll légèremnt déjanté ! Bonne surprise comme quoi il faut se méfier des à prioris sans fondement ! 21 heures un gigantesque oeil bleu se dresse en fond de scène, déclanchant l’arrivée de "O" alias karen Orzolek et ses boys Nick Zinner au clavier et Brian Chase à la batterie du groupe New Yorkais des Yeah Yeah Yeahs ! Les morceaux se succèdent autant que les tenues de Karen aux goûts discutables ! Un ensemble dynamique et dansant, faisant parfois penser à du taking Heads mais qui manque de fièvre rock et de délires punks qu’on leur connaissait à leur début. Le show décomplexé d’O se suffira pas à combler un certain manque de cohésion musical ! La claque du festival, sans conteste le meilleur groupe à mes yeux et surtout à mes oreilles de cette 26 ème édition, un autre groupe New yorkais qui eux ne laissent pas les élancées rock sur le bas coté les excellent A Place To Bury Strangers. A l’image de la sensation procurée par Pelican en 2007 ou Envy l’an passé mais dans un tout autre registre rock, APTBS me scotche littéralement. Des sonorités post rock à l’imagerie dark cold 80’s d’un Jesus and Mary Chain (Je sais tout le monde les compare à ce groupe là mais c’est assez flagrant quand même !), ces trois musiciens nous entrainent vers des paysages inexplorées où règne une ambiance déstabilisante, une percée dans un monde nocturne fait de martèlement à la fois angoissant et prenant. Les riffs de guitares nous plongent en apnée dans les abîmes de l’inconnus et l’on en ressort transformé. D’ailleurs à la fin du concert je constate dubitatif que nous ne sommes pas nombreux à avoir fait le voyage. Dommage pour eux et tant mieux pour nous. Après le meilleur, le pire ! Avec le groupe Tryo qui aurait vraiment du s’arreter après leur premier album. C’est mauvais, la voix est désagréable et les textes sont d’une banalité affligeante. J’ai beau essayer je préfère reprendre une mousse et stopper de m’infliger uune telle torture auditive. Direction la Papamobile et son petit charme de cabaret ou de caravane ambulante avec de nouveaux happy hippies. Yo Yo Yo Acapulco pas super novateur ni très original mais mille fois plus agréable que les pseudos reggae, rasta cool de Tryo ! Une nouvelle édition qui s’achevera en beauté éléctrisante avec South control qui sous leurs apparence fantômatique envoi la sauce à grand coup de scratchs et de mix et ce sont les festivaliers qui perdent le control et se déchainent dans de furieux ses danses ! Un nouveaux crus 2009 du RDTSE assez satisfaisant même s’il manquait peut etre un peu de groupe rock indépendants et que certains groupes un peu trop varietoche ont un peu entâché l’affiche. En tout cas de réels efforts d’organisations ont été réalisé par rapport à l’an passé, les concerts ne se parasitaient pas les uns les autres et l’ensemble décoratif du site étaient agréable, conviviale et espacé. Dans l’ensemble beuacoup de positif et une 27 ème attendue avec impatience !

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